Le film

« Écrire pour dire ce que je ressens du monde et de moi-même. » C’est ainsi que Christiane Rancé définit, au début de ce documentaire, son « état » d’écrivain. Pierre Lane tente d’approcher dans ce portrait de l’auteure, ce qui fait sa singularité. Certaines personnalités constituent les sujets de ses biographies spirituelles, comme Simone Weil, Léon Tolstoï ou Thérèse d’Avila. Certains lieux marquent également de leur empreinte la pensée de Christiane Rancé : les côtes bretonnes, la cathédrale Saint-Bertrand-de-Comminges, où elle aimait se rendre avec sa soeur défunte. Foi et souffle créatif semblent se confondre, à la fois réponses à la mort, à la solitude, tentatives de comprendre son propre chemin. La nature et l’enfance apparaissent comme des sources inépuisables d’inspiration, permettant à l’écrivain de puiser au coeur de l’émotion, de l’âme, du rythme du temps, pour « ressaisir » le réel.

L’écrivain

Après avoir longtemps été grand reporter pour Le Figaro et Géo, Christiane Rancé se consacre à l’écriture de biographies. Sainte Thérèse d’Avila, Jésus, la philosophe Simone Weil, et aussi le pape François sont les figures inspirantes de cette essayiste, également romancière à ses heures. Femme discrète et ardente, Christiane Rancé fait le pari de la joie. Elle célèbre la vie dans un lien amoureux avec le monde. Elle veut croire que le travail de chaque être humain est de ressusciter la beauté. Sans cesse en quête de beauté, de mystère, elle a publié ses carnets spirituels.

À la lumière d’un phrasé limpide, le lecteur butine dans ces pensées un pollen absolument revigorant. Christiane Rancé a reçu le Grand prix des écrivains croyants et le Prix de l’Essai de l’Académie française en 2015 pour La Passion de Thérèse d’Avila.

Marta Delsol