Le vieillissement de la population française est une réalité sociologique : 12,7 millions de personnes ont plus de 60 ans. Comment vivent-elles dans une société où rapidité, performance et jeunesse s’opposent à leurs attentes d’attention, d’écoute, de compréhension ? Leur pauvreté, si elle peut être matérielle, est surtout morale. Elle est liée à leur perte d’autonomie et à la réduction de leur vie relationnelle qui leur font éprouver un sentiment d’isolement, d’inutilité, de solitude.

A Nantes, Michel Carrier a rencontré par l’intermédiaire de l’association Les Petits frères des pauvres quatre personnes âgées et leurs accompagnants bénévoles. Au domicile d’Andrée, de Paul, de Théo et d’André, en tête à tête avec le réalisateur, lors des visites des bénévoles, pendant une des journées d’accueil au prieuré Saint-Pierre de Vertou, Michel Carrier s’attache à capter leurs paroles, leurs silences, leurs souvenirs.

Il se met aussi à l’écoute des motivations des bénévoles de l’association qui nouent avec les personnes âgées des relations d’amitié profondes et vraies que seule la mort interrompra. Si pour André, Paul, Théo et Andrée les bénévoles remplacent famille ou amis absents, réciproquement les bénévoles expriment le sentiment de donner leur affection à des parents éloignés.

Les rencontres font le cœur du film car « Des fleurs avant le pain », devise d’Armand Marquiset, fondateur de l’association en 1946, c’est écouter avant d’apporter le nécessaire.

Une production : CFRT/ France2