Après Le monde selon Monsanto et Notre poison quotidien, Marie-Monique Robin présente le dernier volet de sa trilogie sur l’agro-écologie. Une enquête optimiste sur les solutions à la crise alimentaire qui touche la planète, pour peu que l’on change de paradigme agricole et que l’on repense l’organisation et la gestion de la chaîne alimentaire.

On peut faire autrement pour résoudre la question alimentaire en respectant l’environnement et les ressources naturelles, et en (re)donnant aux paysans un rôle clé dans cette évolution indispensable à la survie de l’humanité.

Qui croire ? s’interroge Marie-Monique Robin. Comment nourrir le monde qui comptera 9 milliards d’habitants en 2050 ? Avec ou sans pesticides ? Pour le savoir, la journaliste d’investigation entame un nouveau tour du monde pour découvrir sur le terrain se qu’est l’agro-écologie et en quoi ce modèle s’oppose à celui de l’agriculture industrielle et de la “Révolution verte”, promu depuis 50 ans. Son enquête vise aussi à comprendre pourquoi un milliard de personnes souffrent de la faim. Une histoire qui concerne tout le monde car elle engage l’avenir de la planète et de l’humanité et qui nous conduit à la rencontre des paysans du Mexique, des Etats-Unis, du Malawi, d’Allemagne, du Kenya, du Sénégal et du Japon.

“En appliquant à la terre des recettes industrielles, l’agriculture est en train de créer les conditions de sa propre perte” affirmait en 2011 Olivier de Schutter, rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation des Nations Unies, alerté par la crise alimentaire de 2007/2008. Lancée depuis l’après-guerre sous le nom de “Révolution verte”, cette agriculture industrielle n’est pas parvenue à nourrir le monde, a épuisé les sols, les ressources en eau, la biodiversité, a largement participé au réchauffement climatique et a poussé des millions de paysans vers les bidonvilles urbains. Il faut changer de paradigme !

Croisant les témoignages d’agriculteurs, d’agronomes, d’économistes, de responsables politiques et d’organisations internationales sur quatre continents (Afrique, Asie, Amérique du Nord et Europe), Marie-Monique Robin mène l’enquête. Avec Les moissons du futur, on découvre qu’un autre modèle agricole et commercial, innovant et productif, a déjà fait ses preuves en restituant aux paysans un rôle-clé dans l’avenir de l’humanité.

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Le film débute par un constat très négatif sur les moyens de production mis en place par l’agriculture industrielle. Lors d’un congrès à Genève en Mars 2011, Olivier Schutter (Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation) préconise de nouvelles méthodes de production dites “Agro-écologiques”. C’est le cas de la “Milpa” au Mexique. Ce système consiste à combiner les cultures (à l’inverse de la monoculture caractéristique du modèle agro-industriel) pour préserver la fertilité des sols, lutter contre les parasites et économiser les ressources en eau. Les paysans sèment en même temps des graines de maïs, haricots et citrouilles. Au final, la récolte est triple et les rendements excellents.

En 1992, le Mexique signe avec les Etats-Unis et le Canada l’accord de Libre Echange Nord-Américain (ALENA). S’inspirant des théories libérales, l’accord exige des trois pays partenaires l’abolition de toutes les taxes d’importation et le démantèlement des aides destinées à soutenir les agricultures et industries nationales. Quelques années plus tard, le constat est unanime : l’ALENA a littéralement laminé l’agriculture mexicaine. Ainsi, au nom du “libre échange“, le Mexique s’est retrouvé inondé de maïs américain vendu à un prix trois fois inférieur au sien en raison des subventions accordées par Washington aux producteurs américains.

Peu à peu, des spécialistes s’érigent contre l’agriculture de masse et en pointent les incohérences. En 1992, David Pimentel (Entomologiste) publie une étude qui évalue les conséquences directes de l’usage des pesticides sur l’environnement : maladies, contamination des eaux, mort d’espèces animales. Catherine Ganzleben a mis en évidence le lien direct entre cancers et pesticides. Ainsi, ces études mettent à jour le coût que représente l’usage des produits chimiques. Leur interdiction permettrait aux gouvernements de réaliser de nombreuses économies.

Une production : CFRT/ Arte France/ M2R Films/ SOS Faim Belgique