Autour de la lecture des récits de l’Enfance du Christ, Jacqueline Taouss, comédienne et Michel Farin, jésuite, cherchent le sens, s’interrogent, s’étonnent sur ces textes que l’on croit tous connaître. Les Evangiles de l’enfance de Luc et de Matthieu nous racontent, la naissance du Christ par la venue de l’Esprit (l’ange) sans lequel il n’y a pas de vraie naissance humaine. Cette lecture est illuminée par l’œuvre de Fra Angelico.

L’évangile de l’enfance selon saint Matthieu commence non par une annonciation mais par une généalogie. Il est traditionnel au temps de Jésus d’établir l’identité d’une personne en établissant sa lignée. Mais l’indication du titre que Matthieu donne à la généalogie « Livre de la Genèse » fait écho à la Création pour dire que la nativité du Christ, nouvelle création, prend ses racines dans la première.

La généalogie est découpée en trois séries de quatorze noms de pères articulées autour d’Abraham et de David. Quatre noms seulement de femmes : Tamar, Rahab, Ruth et Bethsabée qui ne sont pas des modèles de vertu ! Le texte de Matthieu se termine ainsi : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ (ou Messie) ». Loin de la morale, Matthieu signifie que la lignée royale se poursuit malgré les irrégularités de la vie. La nouveauté c’est que Jésus naît d’une femme, et qu’en s’incarnant, le Fils de Dieu s’invite près de nous.

Une production : CFRT