C’était, il y a 12 ans à Nantes, des militants catholiques, protestants et orthodoxes décident de s’unir pour créer une association œcuménique : « L’Accueil d’abord ». Son but : aider les familles de migrants les plus démunies et les demandeurs d’asile. Leur conviction : la force des trois religions est le meilleur moyen pour avoir du poids vis-à-vis des pouvoirs publics et soutenir au mieux les demandeurs d’asile. 12 ans plus tard… Ils ont réussi à fédérer autour d’eux la mairie de Nantes, le Conseil général, des organismes laïcs et chrétiens tels que les Restos du Cœur, le Secours catholique, la Fraternité protestante, la Pastorale des migrants, ou la Fédération Saint-Vincent-de-Paul… Ce sont des dizaines de familles qui ont été accueillies et régularisées.

Nous partons donc à la rencontre d’Yves Michonneau, diacre et président de l’association depuis son origine ; et d’Isabelle Richard, présidente de la diaconie protestante de Nantes et co-présidente de l’Accueil d’Abord. Tout deux prennent en charge des familles en « très grande précarité » et les accueillent, leur donnent un toit, les aident sur le plan matériel, moral, et administratif.

Parmi les familles que l’association “L’accueil d’abord” soutient, nous suivons deux femmes, toutes deux de confession musulmane. Kristiné, mère célibataire de jumelles, a fui l’Arménie où elle était coiffeuse. Gistaman, migrante du Daguestan en Russie, a du quitter son pays où elle et les siens étaient menacés. Elle y exerçait le métier d’infirmière. Si ces familles ne s’attendaient pas à autant de difficultés en France, elles savent que le retour n’est pas possible. Assurer l’avenir de leurs enfants par l’école, la maîtrise du français et un travail est leur principal objectif et le moteur de leur nouvelle vie.