Brigitte de Suède et Catherine de Sienne – Des femmes pour l’Eglise de M. Baulez et B. Vandeputte – CFRT/ France 2 2005

Des saintes pour co-patronnes de l’Europe

Sainte Brigitte la suédoise et sainte Catherine l’italienne ont marqué l’Eglise du 14ème siècle. En 1999, le pape Jean-Paul II a élevé Brigitte de Suède et Catherine de Sienne au rang de patronnes de l’Europe. Voir le film ci-dessus.
Le 11 octobre 1998, Edith Stein est canonisée par la pape Jean-Paul II. Un an plus tard, il la proclamera  patronne de l’Europe avec Brigitte de Suède et Catherine de Sienne.

Itinéraire d’une femme en quête de vérité – Edith Stein (1891-1942) de Claire Jeanteur – CFRT/ France 2  2005

Explication sur le choix du pape Jean-Paul

Lors de la célébration d’ouverture de la deuxième Assemblée spéciale pour l’Europe du Synode des évêques, le vendredi 1er octobre 1999, en la basilique Saint-Pierre, le Pape Jean-Paul II a proclamé saintes Brigitte de Suède, Catherine de Sienne et Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein), co-patronnes de l’Europe. Elles rejoignent dans ce rôle saints Benoît, Cyrille et Méthode. La Lettre apostolique en forme de “Motu proprio” Spes ædificandi a été rendue publique ce même jour.

Après une consultation opportune, complétant ce que j’ai fait le 31 décembre 1980 quand j’ai déclaré co-patrons de l’Europe, aux côtés de saint Benoît, deux saints du premier millénaire, les frères Cyrille et Méthode, pionniers de l’évangélisation de l’Orient, j’ai pensé compléter le cortège des patrons célestes par trois figures également emblématiques de moments cruciaux du deuxième millénaire qui touche à sa fin : sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix. Trois grandes saintes, trois femmes qui, à des époques différentes — deux au cœur du Moyen Âge et une en notre siècle — se sont signalées par l’amour actif de l’Église du Christ et le témoignage rendu à sa Croix.

En faisant “le choix de cette sainteté au visage féminin”, Saint Jean-Paul II mettait en lumière “le dessein de Dieu sur la femme”.

Le motif qui m’a fait me tourner spécifiquement vers elles repose dans leurs vies elles-mêmes.  Leur sainteté s’est en effet exprimée dans des circonstances historiques et dans un contexte « géographique » qui les rendent particulièrement significatives pour le continent européen. Sainte Brigitte renvoie à l’extrême nord de l’Europe, où le continent se regroupe dans une quasi-unité avec le reste du monde et d’où elle partit pour aborder à Rome. Catherine de Sienne est aussi connue pour le rôle qu’elle joua en un temps où le Successeur de Pierre résidait à Avignon, et elle acheva une œuvre spirituelle déjà commencée par Brigitte en se faisant la promotrice de son retour à son siège propre près du tombeau du Prince des Apôtres. Enfin Thérèse-Bénédicte de la Croix, récemment canonisée, non seulement passa sa vie dans divers pays d’Europe, mais par toute sa vie d’intellectuelle, de mystique, de martyre, jeta comme un pont entre ses racines juives et l’adhésion au Christ, s’adonnant avec un intuition sûre au dialogue avec la pensée philosophique contemporaine et, en fin de compte, faisant résonner par son martyre les raisons de Dieu et de l’homme face à la honte épouvantable de la « shoah ». Elle est devenue ainsi l’expression d’un pèlerinage humain, culturel et religieux qui incarne le noyau insondable de la tragédie et des espoirs du continent européen.