Delacroix, la lutte avec l’ange de Martin Fraudreau (2017, 26 min) – CFRT / Gédéon programmes

Le combat spirituel est au coeur du temps du carême. Le combat de Jacob avec l’ange représente l’initiation à la vie spirituelle, l’histoire de la rencontre que chacun peut faire avec Dieu. Ce thème a inspiré les artistes, notamment les peintres. Nous vous présentons les films que le CFRT/Le Jour du Seigneur a produit autour de cet épisode de la Genèse.
Delacroix, la lutte avec l’ange de Martin Fraudreau – Le film en DVD

Dans l’immense église Saint-Sulpice, cette fresque bouleverse celui qui s’en approche. Elle est l’oeuvre testament d’un Delacroix au sommet de son art, deux années avant sa disparition. À l’occasion d’une restauration qui lui a rendu tout son éclat, une caméra a scruté la peinture, elle a fouillé dans les archives les circonstances de sa genèse, elle a capté l’émotion de ceux qu’elle saisit jusqu’à la fascination : au-delà de Jacob et de l’ange, ce combat est celui de chaque homme.

Jean-Paul Kauffmann – La lutte avec l’Ange de Patrice Chagnard (1997,  55 mn)

En 1996, le réalisateur Patrice Chagnard filme le journaliste Jean-Paul Kauffman en dialogue avec la peinture monumentale que Delacroix a peinte dans l’église Saint-Sulpice à Paris. Ancien otage au Liban, il revient douze ans après sa libération devant la peinture La lutte de Jacob avec l’Ange à laquelle il a pensé, dit-il,  pendant ses trois années de captivité. Il relit son histoire, reprend les interrogations d’alors – pourquoi le mal ? – et déroule son cheminement de la “nuit obscure” à sa “re-naissance”, sa résurrection. Un très film qui se développe comme un mouvement musical.

La blessure de Jacob de Patrice Chagnard (1991, 52 mn)

Rembrandt a aussi peint la Lutte de Jacob avec l’Ange. C’était en 1659. A Berlin, le réalisateur Patrice Chagnard retrouve le prêtre Paul Baudiquey devant la toile exposée dans un musée de la ville. Il y a deux ans, le Mur de Berlin est tombé. Le tableau devient miroir, révélateur de celui qui le contemple, de ses blessures. Le tableau de Rembrandt est aussi une allégorie de tout acte créateur.

“Tout acte créateur, si humble soit-il, c’est le combat de Jacob ; tu te coltines corps et âme avec l’inconnu. Et de ce coït naît alors l’oeuvre”.

C’est un combat commun aux mystiques et aux artistes, dit même le peintre Jean Bazaine que Paul Baudiquey retrouve dans son atelier.

C’est écrit – Jacob La lutte de Michel Farin (2001, 28 mn)

Dans une régie vidéo, le réalisateur Michel Farin et sa monteuse échangent leurs réflexions sur cette figure de l’Ancien Testament : un dialogue qui vient en complément d’extraits de deux films de Patrice Chagnard avec le père Paul Baudiquey et Jean-Paul Kauffmann. Tous deux retracent la longue lutte de Jacob pour gagner la bénédiction ou comment Jacob accepte de faire face à Dieu au risque de mourir. Le film met l’épisode du combat de Jacob en perspective avec l’ensemble du récit de sa vie tel qu’il est écrit dans la Genèse. Un regard de bibliste au plus près du texte.


Crédit illustration : Jacob luttant avec l’Ange, Eugène Delacroix (1798-1863) – Localisation : Paris, église Saint-Sulpice – Photo (C) RMN-Grand Palais / Agence Bulloz


Lutte de Jacob avec l’ange Livre de la Genèse (32, 23-32)

Jacob se leva durant la nuit, il prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et passa le gué du Yabboq. Il leur fit traverser le torrent et il fit passer aussi tout ce qui lui appartenait. Jacob resta seul. Or, quelqu’un lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore. L’homme, voyant qu’il ne pouvait pas le vaincre, le frappa au creux de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant ce combat. L’homme lui dit : « Lâche-moi, car l’aurore s’est levée. » Jacob répondit : « Je ne te lâcherai que si tu me bénis. » L’homme lui demanda : « Quel est ton nom ? Je m’appelle Jacob. On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël (ce qui signifie : Fort contre Dieu), parce que tu as lutté contre Dieu comme on lutte contre des hommes, et tu as vaincu. » Jacob lui fit cette demande : « Révèle-moi ton nom, je t’en prie. » Mais il répondit : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? » Et à cet endroit il le bénit. Jacob appela ce lieu Pénouël (ce qui signifie : Face de Dieu), car il disait : « J’ai vu Dieu face à face, et j’ai eu la vie sauve. » Au lever du soleil, il traversa le torrent à Pénouël. Il resta boiteux de la hanche.