Japon, l’île aux chrétiens de Guillaume Loiret – CFRT/ Zoulou Compagnie/ France 2 – 2009

Le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco s’est réuni du 24 juin au 4 juillet 2018. A l’issue de cette rencontre, il a reconnu une vingtaine de nouveaux sites dont de nombreux sites religieux. Parmi eux, douze sites chrétiens cachés de la région de Nagasaki, berceau du christianisme japonais.

La cathédrale catholique d’Oura à Nagasaki dédiée aux 26 chrétiens exécutés en 1597 figure dans la liste des 12 sites chrétiens japonais inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. A voir dans le film.

Découvrez la longue histoire du christianisme japonais, de la mission du jésuite saint François-Xavier à la pratique religieuse des descendants de survivants dans le documentaire réalisé par Guillaume Loiret et Alexandre Fronty en 2009 : Japon, l’île aux chrétiens

“A l’extrême Sud-Ouest de l’archipel japonais, sur la petite île d’Ikitsuki, vivent de curieux chrétiens. Leur foi remonte au 16e siècle, lorsque le jésuite François Xavier prêcha avec succès le christianisme dans ce Japon reculé. Mais bientôt persécutés par le pouvoir (la religion chrétienne est interdite au Japon entre 1638 et la fin du 19e siècle), ils ont dû cacher leur croix, leurs bibles et leurs prières pour devenir des «chrétiens cachés».

En 2008, ces drôles de chrétiens que tout le monde pensait disparus existent toujours. Ils perpétuent avec dévotion un culte unique, surprenant mélange entre une foi chrétienne figée quatre siècles plus tôt, des éléments bouddhistes et un culte des ancêtres. Ils vénèrent encore le «Dieu des débarras», ainsi nommé, parce qu’il était honoré clandestinement au fond des maisons.

Dans ce Japon modeste et rural qui vit encore de pêche baleinière et d’un peu de tourisme, ces « vieux chrétiens » qui fêtent Noël et Pâques ont la peau dure et s’accrochent à leur culte. Mais pour combien de temps ? Car cette communauté se réduit comme peau de chagrin. Le culte des anciens n’a pas pu résister aux sirènes de la modernité, les jeunes générations s’en désintéressent et les vocations manquent. Le dernier baptême a été célébré il y a 12 ans… L’Eglise des « chrétiens cachés » meurt à petit feu, et d’ici à une génération, il n’en restera presque rien.”