Histoire du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle – Reportage de Fabienne Soulard – CFRT/ France 2  2010

Le chemin de Saint- Jacques-de Compostelle, c’est 1200 ans d’histoire et de foi. Vers 820, un berger découvre une tombe en Galice : l’évêque a la révélation qu’il s’agit de l’apôtre Saint Jacques. Très vite, les pèlerins affluent, marchant du levant vers le couchant, dans une métaphore de la vie humaine, de la naissance à la mort. Au début, les pèlerins passent souvent par voie maritime et c’est seulement à la fin du 11ème siècle que les tracés terrestres sont baptisés chemins de Saint Jacques. Le Codex Calixtinus invente l’apparition de Saint Jacques à Charlemagne et décrit les quatre chemins en France qui passent par des monuments religieux importants comme Vézelay ou le Puy en Velay. Le pèlerinage tombe en désuétude au 19ème siècle, mais la découverte d’ossements dans la cathédrale, reconnus par la bulle de 1884 du Pape Léon XIII, relance son intérêt.

Histoire de saint Jacques, l’apôtre qui nous fait marcher vers Compostelle

Savez-vous que 56 Jacques étaient inscrits aux divers catalogues des saints ? Il y en avait déjà trois dans l’entourage du Seigneur : Jacques, fils d’Alphée, est aussi l’un des douze apôtres. Jacques, dit le mineur, est un proche parent de Jésus ; il ne fait pas partie des Douze mais aura un rôle important à la tête de la jeune Église de Jérusalem.

Celui que nous fêtons en ce 25 juillet est Jacques, frère aîné de Jean, fils de Zébédée et de Salomé. Avec son frère Jean, avec Simon Pierre et André, Jacques est l’un des quatre premiers disciples appelés par Jésus à Le suivre, alors qu’ils sont des pêcheurs du lac de Tibériade. Avec Pierre et son frère Jean, il est le témoin privilégié de la résurrection de la petite fille de Jaïre, de la Transfiguration du Seigneur et aussi de son Agonie au Jardin de Gethsémani. Jacques sera le premier des Apôtres à subir le martyre pour sa foi au Christ : il est décapité à Jérusalem sur l’ordre du roi Hérode Agrippa, vers l’année 42 (Actes 12.1-2).

Les reliques de l’Apôtre, d’abord conservées en Palestine ou en Égypte, seront transférées, peut-être kidnappées par des pèlerins, en Espagne au 10e siècle. On ne peut pas pour autant parler de la présence de son tombeau en Galice. Quoi qu’il en soit, Saint-Jacques de “Compostelle” est devenu, depuis le haut Moyen Âge, l’un des pèlerinages les plus célèbres et les plus fréquentés de la Chrétienté : saint Jacques le majeur est souvent représenté en pèlerin, avec panetière timbrée d’une coquille et le bâton à la main. Le nom de “Compostelle” apparaît pour la première fois au Xe siècle ; son origine pourrait être la supposée découverte du tombeau de Jacques en Palestine grâce à une lueur dans le ciel (campus stellae : champ d’étoiles).

Saint Jacques “le grand” avait souhaité prendre part, en priorité, à “la coupe du Seigneur” avec son tempérament impétueux, lui que Jésus surnommait, avec son frère Jean, “fils du tonnerre”. Jacques signifie en hébreu “talon” (aqeb).

Marie-Bernard Pineau, dominicain